*Escape.

Publié le par ¤ MiNσ.

- Elle était assise sur un banc, dans une rue un peu trop passante à son goût. Malgré ce brouhaha oppressant, et malgré ce que l'on pourrait croire, elle se sentait sereine car un vif sentiment de solitude s'était installé en elle. L'adolescente était assise en tailleur, et fixait un point qu'aucun des passants n'avaient daigné regarder, sans doute trop pressés pour y accorder une pointe d'attention. Elle était ici depuis maintenant quelques heures mais rien ne semblait la tirer de ses pensées, que ce soit les pleurs d'un enfant ou encore les regards noirs que se lançaient les piétons entre eux ; et il faut avouer que ces coups d'oeil sont bien plus "bruyants" que des larmes roulant sur des joues rosies par la chaleur estivale. Elle sortit alors de son sac, un stylo usé par le temps et un petit carnet violet, à la couverture abîmée. Elle le feuilleta brièvement, tournant rapidement ces nombreuses pages noircies et cornées, pour finalement poser sa plume sur une page encore bien blanche. Elle écrivit longtemps, sans jamais, ou presque, s'arrêter. Sa main dansait sur le papier. Quand sa soudaine inspiration s'envola, elle signa son texte, referma son carnet et le rangea à nouveau dans son sac. La jeune fille soupira, longuement, et se remit à rêver en observant les rares nuages jonchant ce ciel d'un bleu, aujourd'hui, surprenant. 
Soudainement, la béatitude qui l'emplissait s'enfuit, et les traits du visage de l'adolescente se firent plus durs. Dans ses yeux d'un vert émeraude se lisait une certaine crainte, voire même de la panique. Son souffle se fit court, et comme depuis le début de la journée, aucun des passants ne s'arrêta pour lui apporter un minimum d'aide. Elle se leva, chancelante, et se fit au passage bousculer par un homme au visage rongé par le stress et la fatigue. Elle manqua de tomber mais se rattrapa tant bien que mal à l'accoudoir du banc qu'elle venait de quitter. C'est à partir de ce moment que commença la lutte avec cette partie d'elle, qu'elle se tenait de refouler jusqu'à ce qu'elle franchisse le seuil de l'entrée de sa maison, qu'elle monte les escaliers, qu'elle ouvre la porte de sa chambre, qu'elle la referme, et qu'enfin, elle s'allonge sur son lit. Elle marcha pendant exactement quinze minutes et quarante-sept secondes. Elle franchit, toujours le souffle court et les jambes tremblantes, le seuil de l'entrée de sa maison, elle monta les escaliers, ouvrit la porte de sa chambre, la referma, et enfin, s'allongea sur son lit. Au bout de quelques minutes, les dernières marquant la fin de son combat, sa respiration devint à nouveau lente, et ses sanglots se firent plus espacés. Elle se mit à regarder par la fenêtre, contemplant à nouveau les nuages, tentant en vain de neutraliser cette sensation de vide qui la hantait et se faisait d'autant plus violente lorsque, dans ce petit corps (hyper) sensible, se mettait à bouillir un million de questions plus ou moins importantes.

¤ MiNσ.


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Chonchon 22/07/2013 19:08

Et ce jour-là, elle décida que les pages noircies de son petit carnet secret, celles qu'elle avait écrites dans la plus pure ignorance du monde qui l'entourait, seraient le début de son premier
roman...
;)